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La caractéristique la plus évidente chez le montagne des Pyrénées, celle qui saute aux yeux et qui rend presque imperceptible toutes les autres, est assurément son physique imposant et robuste. Qui, sans bien le connaître, pourrait soupçonner à quel point ce colosse peut être capable de tant de douceur, de patience et de tolérance envers les membres de sa famille ou de son troupeau et surtout envers les plus petits?
Son apparence physique ne laisse pas facilement entrevoir à quel point ce géant peut être sensible à la moindre marque d'affection et d'attention ou encore d'injustice ou de violence.
Quand le montagne sent qu'il a le devoir de veiller à la sécurité d'un troupeau ou d'une propriété, il agit avec un remarquable sens des responsabilités et est capable d'étonnantes initiatives. Ces dernières caractéristiques ne font habituellement pas bon ménage avec basse soumission et servilité, et ce, autant chez les humains que chez les animaux . Ceci ne signifie pas que le montagne soit un irréductible rebelle prêt à montrer les dents à chaques fois qu'on lui demande de ne pas monter sur notre fauteuil tout neuf, mais plutôt qu'il a besoin pour être heureux et bien équilibré, d'être respecté et traité équitablement par les autres membres de sa famille. S'il arrivait qu'un montagne des Pyrénées soit victime de mauvais traitement ou d'un manque d'équité de la part d'un ou de plusieurs membres de sa famille, il ne tentera jamais de remédier à la situation par la violence, mais plutôt en évitant la proximité de ceux qui ne le considèrent pas à sa juste valeur.
Malgré tout, jamais il n'hésitera à prendre la défense de ceux qui n'ont pas su gagner sa confiance, mais qui sont tout de même des membres de sa famille dont il a la responsabilité.
Pour obtenir pleine satisfaction et aussi la collaboration de son montagne, il est impératif de le traiter comme on se doit de traiter un grand ami ou un conjoint. Imaginez vous; ordonnant à grand coup d'étrangleur accompagné d'un ton autoritaire à votre meilleur ami ou conjoint: ASSIS!.DEBOUT!..ASSIS!..DEBOUT!. 4 ou 5 fois d'affilé, et ce, de manière imprévisible et répétée, seulement parce que vous en avez envie. Il y a fort à parier que votre ami(e) ou conjoint(e) devienne assez rapidement le meilleur ami ou le conjoint de quelqu'un d'autre et vous fuit comme la peste .
Quand un Montagne des Pyrénées obéit à ses maîtres, il le fait au nom de la grande amitié qu'il porte à ceux-ci.
Et quand la même pulsion millénaire qui animait ses dévoués aïeux lui confère la profonde conviction que personne mieux que lui ne sait s'acquitter de cette importante mission que représente, à ses yeux, la protection de sa famille ou de son troupeau, sans hésiter il y obéit.
Pour s'acquitter de sa mission, le montagne s'emploie invariablement, et ce, d'un individu à l'autre, à maintenir un périmètre de sécurité autour des siens. S'il vit à la campagne en toute liberté, il passera une grande partie de son temps, huché sur la véranda ou autre monticule, d'où il pourra observer les alentours. Mais régulièrement et fréquemment, il ira effectuer une patrouille dans les environs, histoire de s'assurer qu'aucun prédateur n'est embusqué, prêt à bondir sur ses protégés, et ce, jour et nuit.
Si un intrus envahie la zone qu'il a décrété interdite et qu'il juge qu'il y a danger il fera tout en son pouvoir pour le mettre en fuite, ce qui le satisfera pleinement. Mais il gardera tout de même pour un certain temps un oil dans la direction d'où est venu et reparti le malfaiteur. Si, par contre, après examen, il considère que l'étranger n'est pas une menace digne de ce nom, il le laissera traverser son domaine. Il l'escortera alors jusqu'à distance sécuritaire, sans toutefois laisser de côté sa méfiance, qui fait de lui un si bon gardien. Le montagne ne se laisse pas facilement apprivoisé par le premier venu.
Ses armes sont la prévention et la dissuasion. Très rarement et en tout dernier recourt, si aucune autre possibilité ne s'offre à lui, il ira peut-être jusqu'au contact physique. Non pas qu'il soit un froussard, car jamais il n'hésitera à affronter jusqu'à un ours s'il en sent la nécessité et ce, même au péril de sa vie. Il est difficile d'expliquer rationnellement comment un animal si fort et agile n'abuse pas de toute cette force. Peut-être son grand sens du respect des vies qu'il s'emploie si assidûment à protéger, le lui interdit-il.
Si un montagne des Pyrénées se fait citadin, comme le sont aujourd'hui la grande majorité de ses congénères, il passera le plus clair de son temps à l'intérieur près de sa famille. Il sentira régulièrement le besoin d'aller inspecter son petit domaine. Lors de ces excursions, il agira presque toujours de la même façon et empruntera souvent le même itinéraire. Lors de ces patrouilles qu'il effectue le nez au sol et d'un pas pressé, il sera difficile de l'arracher à sa concentration, même les invitations au jeu resteront sans réponse.
Après qu'il aura effectué le tour de la cour et qu'il aura reniflé chaque pouces carrés de gazon et chaque pattes de meubles de jardin, il consentira alors à se laisser aller au jeu. Il en aura pour quelques minutes à s'assurer que rien de nouveau ne met en péril la sécurité familiale.
Les instincts du montagne le poussant à maintenir un périmètre de sécurité autour de sa famille et ce, autant à la ville qu'à la campagne, il sentira dans les 2 cas la légitimée de décider du territoire à surveiller.
Pour cette raison il sera important d'enseigner au jeune Pyrénée les limites du territoire qu'il aura le droit d'occuper. Un terrain clôturé est cependant plus simple et adéquat, mais il ne faut pas se laisser tenter par l'idée d'y laisser le chien de longues périodes ( exp: de 8h00 à 16h00), car comme tous les autres chiens, un Montagne des Pyrénées qui passe beaucoup de temps à l'extérieur, captif ( d'une chaîne ou d'un enclos ) risque de développer ce qui est convenu d'appeler : du "jappement excessif".
Un chien citadin ne devrait aller seul à l'extérieur que de courtes périodes, à moins d'êtres accompagné d'un membre de la famille. Le reste de son temps, il le passera bien confortablement à l'intérieur, en compagnie des siens à partager chaque instants leur vie.
Pour terminer, quelques autres caractéristiques du Montagne ne peuvent être ignorées :
- Son calme hors du commun et son sang froid.
- Sa surprenante frugalité.
- La fiabilité et la stabilité de son tempérament.
- Sa fourrure ne formant que très rarement des nœuds et ne demandant que peu d'entretien.
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